Chute de cheveux et ménopause, voilà un sujet encore trop tabou, et pourtant, il touche une grande majorité de femmes. Vos cheveux s’affinent, votre raie semble s’élargir, et vous en retrouvez de plus en plus sur votre brosse.
Avant de paniquer ou d’acheter des dizaines de lotions miracles pour contrer la chute de cheveux à la ménopause, il est essentiel de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de votre corps. En naturopathie, on sait que le cheveu est un formidable indicateur de notre équilibre intérieur. Alors, que se passe-t-il vraiment à la ménopause ?
Le grand basculement hormonal : une question de ratio
Contrairement aux idées reçues, la chute de cheveux à la ménopause n’est pas due à une simple « baisse des hormones », mais à un changement d’équilibre.
Tout au long de votre vie, vos cheveux ont été protégés par vos hormones féminines. Elles agissent comme un véritable engrais : elles prolongent la phase de croissance du cheveu et lui donnent sa belle épaisseur. À la ménopause, le taux de ces hormones protectrices chute drastiquement.
Le problème ? Votre corps produit aussi naturellement des hormones « masculines » (les androgènes), en petite quantité. À la ménopause, le taux de ces androgènes baisse beaucoup moins vite. Le cuir chevelu se retrouve donc sous une influence androgénique dominante. Sous l’action d’un dérivé de la testostérone (la DHT), certains follicules pileux se rétractent : certains cheveux poussent de plus en plus fin, jusqu’à devenir un duvet transparent. C’est ce qu’on appelle la chute de cheveux d’origine hormonale.

À noter : Bien que cet article se concentre sur la période de la ménopause, il est tout à fait possible de développer une perte de densité liée à l’équilibre hormonal à n’importe quel moment de la vie d’une femme (dès la puberté, en préménopause ou autre), dès lors qu’il y a un déséquilibre hormonal ou une sensibilité génétique accrue de vos follicules.
En naturopathie, nous ne nous arrêtons jamais aux seules hormones sexuelles. La ménopause est un chamboulement global, et d’autres facteurs viennent souvent aggraver la chute :
Le terrain : les facteurs aggravants de la chute de cheveux à la ménopause
- Le stress : Les bouffées de chaleur, le manque de sommeil et l’anxiété font grimper en flèche l’hormone du stress. Cela épuise l’organisme et peut avoir un impact sur la qualité de vos cheveux
- Les déséquilibres de la glycémie et la prise de poids : C’est un point crucial souvent oublié ! Les changements métaboliques de la cinquantaine favorisent une moins bonne sensibilité à l’insuline (la difficulté des cellules à utiliser le sucre). Or, un excès d’insuline stimule la production d’hormones masculines, ce qui aggrave la qualité des cheveux.
- Les dérèglements thyroïdiens : La thyroïde est le chef d’orchestre de notre métabolisme. Un ralentissement de la fonction thyroïdienne (qui se déclenche souvent autour de la cinquantaine) ralentit le renouvellement cellulaire, rendant le cheveu sec, cassant et favorisant sa chute.
- Les carences nutritionnelles : Des carences en fer, en zinc, en vitamines du groupe B ou en vitamine D peuvent également contribuer à une moins belle chevelure.
Attention à ne pas se tromper de coupable !
Toutes les chutes de cheveux à la ménopause ne sont pas dues à cette fameuse composante hormonale de la ménopause. Il est fondamental de faire la différence avec ce qu’on appelle la chute de cheveux réactionnelle.
Qu’est-ce que la chute réactionnelle ? C’est une chute de cheveux massive, soudaine et liée à un événement précis. Contrairement à la chute hormonale qui est lente et localisée (souvent sur le sommet du crâne), la chute réactionnelle touche toute la tête de manière spectaculaire (poignées de cheveux sous la douche). Elle survient généralement 2 à 3 mois après un événement déclencheur :
- Un choc émotionnel intense ou un stress aigu (deuil, séparation)
- Un épisode infectieux sévère (forte fièvre, virus)
- Une opération chirurgicale ou une anesthésie générale
- Une carence aiguë (carence en fer très marquée)
- Un dérèglement thyroïdien brutal
Pourquoi est-ce important de faire la différence ? Parce que l’accompagnement en naturopathie ne sera pas du tout la même ! Dans le cas de la chute brutale, il faudra soutenir le système nerveux, travailler sur l’alimentation et l’équilibre général. Dans le cas de la chute hormonale liée à la ménopause, le travail se concentrera sur l’équilibre hormonal et la régulation de la glycémie.
La naturopathie pour rééquilibrer le terrain de l’intérieur
Maintenant que nous avons identifié les causes, comment agir ? En naturopathie, nous ne cherchons pas à appliquer un pansement sur une manifestation, mais à redonner au corps les moyens de s’autoréguler. Voici les axes prioritaires pour freiner la chute et soutenir la repousse de vos cheveux.
Maintenir un « poids de forme » protecteur
C’est un point que j’aborde régulièrement dans mes articles : à la ménopause, chercher à être excessivement mince peut être contre-productif pour votre équilibre hormonal. En effet, si vos ovaires ont cessé de sécréter des hormones féminines, votre corps a une solution de secours. Il est capable de fabriquer de petites quantités d’hormones féminines à partir de la DHEA, et cette conversion se fait en grande partie grâce au tissu adipeux (le tissu gras). Conserver un poids de forme permet donc de maintenir une légère imprégnation œstrogénique naturelle, véritable bouclier protecteur pour vos cheveux.
Gérer le stress pour préserver la DHEA
Le stress chronique est un véritable « voleur » d’hormones. Non seulement il fait grimper l’hormone de l’adaptation au stress, qui aggrave directement la chute de cheveux, mais il va littéralement épuiser votre DHEA, la fameuse « hormone de jouvence » dont nous venons de parler. Accompagner le système nerveux et apprendre à réguler le stress au quotidien est donc une étape incontournable pour maintenir votre équilibre hormonal global.
Le soutien ciblé avec la phyto et l’alimentation
Pour accompagner le terrain hormonal en douceur, la nature nous offre des possibilités très intéressantes grâce à certaines plantes :
- En phyto : Des plantes comme la sauge, le kudzu ou encore le trèfle rouge peuvent être d’une grande aide pour ramener une action œstrogénique douce dans l’organisme.
- Dans l’assiette : L’intégration régulière de soja ou de graines germées d’alfalfa ou luzerne dans votre alimentation est également une excellente stratégie naturelle.
Attention cependant : L’utilisation de ces plantes n’est pas anodine. Elle doit toujours être adaptée à votre terrain unique et à vos antécédents personnels et familiaux. Elles sont par exemple formellement contre-indiquées en cas d’antécédents de cancers hormono-dépendants. Prenez toujours l’attache de votre professionnel de santé avant de les utiliser.
Soutenir le métabolisme et réguler la glycémie
Comme nous l’avons vu, cette perte de sensibilité à l’insuline et les dérèglements métaboliques sont des facteurs aggravants majeurs. Il est donc indispensable de les prendre en charge pour réduire l’inflammation globale de l’organisme. Une bonne hygiène de vie est la base avec une alimentation variée et équilibrée ainsi qu’une activité physique adaptée, complétée par un apport optimal en oméga-3 qui agiront comme de puissants anti-inflammatoires naturels.
Combler les carences nutritionnelles
Vos follicules pileux sont très gourmands en nutriments. À la cinquantaine, il est crucial de traquer les carences, car certaines sont particulièrement délétères pour la vitalité et la densité du cheveu :
- Le Zinc et la Vitamine D : Indispensables au cycle de renouvellement du follicule.
- Les Oméga-3 : Pour apaiser l’inflammation et nourrir le cuir chevelu.
- Les Vitamines du groupe B : Le carburant essentiel pour la synthèse de la kératine.
- Le Fer : Vital pour la bonne oxygénation des racines.
Prenez toujours l’attache de votre professionnel de santé avant de vous complémenter.
La médecine allopathique : une prise en charge parfois indispensable pour la chute de cheveux à la ménopause
En tant que naturopathe, mon objectif est de vous aider à rééquilibrer votre terrain de manière naturelle. Cependant, il est important de rappeler que la naturopathie et la médecine conventionnelle peuvent travailler en complémentarité. Lorsque la chute de cheveux est très installée ou qu’elle impacte profondément votre bien-être psychologique, des solutions médicales allopathiques existent et sont très efficaces.
- Le Minoxidil : C’est le traitement médical de première intention face à la perte de densité androgénique. Il s’agit d’un traitement topique (une lotion à appliquer localement sur le cuir chevelu) qui n’a aucune action hormonale. Son action stimulante et vasodilatatrice permet de préserver le capital capillaire et de favoriser le maintien du cheveu dans sa phase de croissance.
- Le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM ou anciennement THS) : Ce traitement de substitution permet de rétablir et de maintenir une légère imprégnation en hormones féminines. Il est toutefois important de préciser que ce traitement n’est généralement pas proposé si la chute de cheveux est votre seul désagrément. Il sera envisagé avec votre médecin si votre ménopause s’accompagne d’autres troubles particulièrement invalidants (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du système osseux, sécheresse intime importante, etc.).
Un accompagnement médical indispensable
Ces traitements sont de véritables réponses thérapeutiques, mais ils nécessitent une évaluation stricte de votre profil médical. Leur mise en place doit toujours être discutée et encadrée par un professionnel de santé spécialisé : n’hésitez pas à aborder le sujet avec votre médecin traitant, votre gynécologue, un endocrinologue ou encore un dermatologue. Ils sauront vous orienter vers la solution la plus sûre et la plus adaptée à votre profil.
Envie d’aller plus loin ?
Je connais très bien cette problématique pour la vivre de l’intérieur : j’ai moi-même été concernée par cette perte de cheveux hormonale qui est aujourd’hui entièrement stabilisée. Je sais à quel point cette épreuve peut être difficile pour la confiance en soi, mais je sais aussi qu’il existe des solutions concrètes pour la stabiliser et retrouver de l’apaisement.
C’est avec beaucoup de bienveillance et de compréhension que je serais heureuse de vous accompagner sur ce chemin, en travaillant sur votre hygiène de vie, votre équilibre hormonal global, en parallèle et en parfaite complémentarité de votre suivi médical ou dermatologique.
👉 Si vous souhaitez que nous fassions le point ensemble, n’hésitez pas à me contacter pour réserver votre bilan de vitalité.

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