Par Elise Rouvrais, naturopathe certifiée FÉNA - Mis à jour le 30 octobre 2026
Le Syndrome Prémenstruel ou SPM correspond à un ensemble de symptômes physiques ou psychiques précédant les menstruations. Suivant les femmes, les symptômes peuvent être pénibles ou complètement handicapants et reviennent de manière cyclique.
Plus d’1/3 des femmes seraient concernées par le SPM.
Dans la majorité des cas, les symptômes se manifestent environ une semaine avant les règles et disparaissent avec leur apparition. D’autres cas de figures sont également possibles avec des symptômes survenant une dizaine de jours avant les menstruations, ou encore de façon plus prématurée, autour de l’ovulation, impliquant ainsi un SPM sur une durée prolongée.
En résuméLe syndrome prémenstruel (SPM) est un ensemble de symptômes physiques et psychiques qui reviennent à chaque cycle, le plus souvent une semaine avant les règles (parfois dès l’ovulation), et disparaissent à leur arrivée, plus d’une femme sur trois serait concernée. Il s’explique surtout par la chute de la progestérone et des œstrogènes en fin de cycle et par un déséquilibre entre ces deux hormones (excès relatif d’œstrogènes), avec une part génétique et d’éventuelles carences (magnésium, calcium, sérotonine). Symptômes fréquents : seins tendus, rétention d’eau, maux de tête, troubles digestifs, acné, fatigue, irritabilité, anxiété, fringales sucrées. Le diagnostic est clinique, le TDPM, plus rare (5 % des femmes) et plus grave, demande un avis médical. Facteurs de risque : surpoids, tabac, café et alcool en excès, stress chronique, thyroïde fragile, perturbateurs endocriniens. Le médecin reste l’interlocuteur prioritaire. Au quotidien, l’hygiène de vie aide souvent à mieux vivre cette période : ralentir en seconde partie de cycle, sport doux, sommeil, relaxation, moins de sel, alimentation anti-inflammatoire, et sur conseil magnésium, vitamine B6, bourrache ou onagre, vitamine D. L’accompagnement est individualisé, en complément du suivi médical.
Pour améliorer votre équilibre hormonal, n’hésitez pas à prendre RDV en naturopathie, en complément de votre suivi médical conventionnel.

Quelles sont les causes du syndrome prémenstruel ?
Les causes précises du SPM ne sont certainement pas toutes encore élucidées mais on peut toutefois retenir :
- Les fluctuations hormonales survenant au cours du cycle féminin et notamment la chute des hormones féminines en fin de cycle
- Un déséquilibre dans la balance entre les œstrogènes et la progestérone : un excès d’œstrogènes par rapport à la progestérone
- Des prédispositions génétiques
- D’éventuelles carences en sérotonine, magnésium ou calcium
- Un excès d’aldostérone, une hormone impliquée ici dans la rétention d’eau

Quels sont les symptômes du syndrome prémenstruel ?
Symptômes physiques du SPM les plus fréquents :
- Tensions dans les seins (mastodynie)
- Prise de poids avec rétention d’eau
- Maux de tête et migraines
- Insomnies
- Douleurs pelviennes
- Douleurs musculaires (bas du dos en particulier)
- Crampes
- Troubles digestifs (douleurs, ballonnements, diarrhée, constipation)
- Acné
- Fatigue prononcée
Symptômes psychiques du SPM les plus fréquents :
- Irritabilité
- Déprime
- Hypersensibilité
- Agressivité
- Anxiété
- Colère
- Difficulté de concentration
- Fringales, envie de sucre, compulsion alimentaire


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| Symptômes physiques | Symptômes psychiques | |
|---|---|---|
| Les plus fréquents | Seins tendus, rétention d’eau et prise de poids, maux de tête ou migraines, insomnies, douleurs pelviennes et lombaires, crampes, troubles digestifs, acné, fatigue | Irritabilité, déprime, hypersensibilité, agressivité, anxiété, colère, difficultés de concentration, fringales et envies de sucre |
| Quand | Dans les jours qui précèdent les règles, disparition avec leur arrivée | Idem |
| Quand s’inquiéter | Douleurs qui empêchent les activités habituelles | Dépression cyclique, retentissement sur le travail ou les relations, pensées suicidaires : évoque un TDPM, à signaler sans délai à un professionnel de santé |
Comment diagnostiquer le SPM, et le distinguer du TDPM ?
Le diagnostic du SPM repose sur la clinique, c’est-à-dire sur les symptômes physiques ou psychiques que vous aurez pu identifier au cours de votre cycle. Le diagnostic peut être réalisé par votre médecin ou gynécologue par exemple.
Le SPM ne doit pas être confondu avec le TDPM (Troubles Dysphoriques PréMenstruels) qui est plus rare (5% des femmes) mais beaucoup plus grave. Le TDPM est une sorte de SPM « carabiné » dont les répercussions perturbent le travail, les activités sociales ou les relations avec l’entourage. Les femmes peuvent perdre tout intérêt pour leurs activités habituelles et certaines sont plongées dans une dépression cyclique avec parfois des pensées suicidaires. Si vous rencontrez ces symptômes, parlez-en avec votre professionnel de santé.
Quel est le rôle des hormones dans le SPM ?
La diminution de la progestérone
En fin de cycle, la progestérone diminue. Or, cette hormone a une action diurétique, sédative, anxiolytique et relaxante. La baisse de la progestérone peut donc expliquer en partie la rétention d’eau, l’irritabilité et les troubles de l’humeur.
La diminution des œstrogènes
En fin de cycle, les œstrogènes aussi diminuent. Or, ils ont une action sur notre cerveau et en particulier sur un neurotransmetteur, la sérotonine, qui a une action sur notre humeur. La baisse des œstrogènes peut donc en partie expliquer l’humeur fluctuante, les fringales et envie de sucre liées au SPM. La prise d’aliment sucré favorisant la synthèse de sérotonine.
Le déséquilibre entre œstrogènes et progestérone
J’en parle très souvent ici, certaines femmes présentent un déséquilibre entre les œstrogènes et la progestérone. C’est le bon équilibre entre ces 2 hormones qui assure l’équilibre hormonal global. Ainsi, même si ces deux hormones chutent en fin de cycle, il arrive qu’il y ait tout de même un « excès » d’œstrogènes par rapport à la progestérone. Formulé d’une autre façon : la progestérone est tellement effondrée par rapport aux œstrogènes que cela crée une dominance en œstrogènes (hyperœstrogénie relative). Ce terrain d’hyperœstrogénie peut expliquer les seins douloureux et la rétention d’eau dans le SPM.
Quels sont les facteurs de risque du SPM ?
Les facteurs de risque seront les éléments qui auront tendance à augmenter l’imprégnation œstrogénique chez la femme et à l’inverse à diminuer la progestérone.
On peut donc citer entre autres :
- le surpoids et l’obésité
- le tabac
- la consommation excessive de café ou d’alcool
- le stress chronique
- une santé thyroïdienne fragile
- l’exposition aux perturbateurs endocriniens
Quels sont les traitements médicaux du SPM ?
Lorsque les mesures d’hygiène de vie ne permettent pas d’adoucir suffisamment le SPM, le médecin pourra vous proposer des médicaments allopathiques pour minimiser les symptômes, suivant les symptômes rencontrés. On peut citer par exemple :
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : en cas de douleurs, maux de tête ou crampes
- la pilule contraceptive en continu pour stopper les variations hormonales
- les diurétiques pour lutter contre la rétention d’eau (spironolactone)
- les anxiolytiques et antidépresseurs pour agir sur l’humeur et l’anxiété
- une complémentation en progestérone bio identique sous forme de crème ou d’ovule par voie intra vaginale
Ces traitements n’agissent pas sur la cause du problème mais permettent de soulager certaines femmes qui ont des symptômes trop envahissants et pour lesquelles l’hygiène de vie n’a pas apporté de solution suffisante.
La bonne nouvelle, c’est que dans la grande majorité des cas, l’hygiène de vie suffit à dire adieu au SPM !
Comment améliorer naturellement le SPM ?
Recommandations générales pour adoucir le SPM
Bien entendu, la prise en charge du SPM est complexe et doit être individualisée suivant le profil de chaque femme.
Je peux toutefois vous proposer quelques recommandations :
- Durant cette période de seconde partie de cycle, apprenez à RALENTIR. Bien sûr, c’est souvent plus facile à dire qu’à mettre en pratique ! Prévoyez davantage de plages de repos, faites éventuellement une sieste l’après-midi lorsque cela est possible.
- Continuez de pratiquer une activité physique adaptée : l’activité physique reste recommandée durant cette période mais privilégiez des sports « doux ».
- Ménagez votre sommeil : minimum 7h30 de sommeil/nuit
- Réalisez des exercices de relaxation : cohérence cardiaque, méditation, etc.
- Si vous faites de la rétention d’eau, limitez l’excès de sel dans votre alimentation. Celui-ci est particulièrement présent dans les plats préparés industriels, la charcuterie ou le fromage par exemple. A l’inverse, ne limitez pas votre consommation d’eau (au contraire !)
- Privilégiez une alimentation anti-inflammatoire durant cette période : soit une alimentation pauvre en produits transformés, alcool, café et sucres raffinés et à l’inverse une alimentation riche en céréales complètes, fruits et légumes et oméga 3 (poissons gras et huile de colza).
- Une complémentation peut facilement être mise en place sans contre-indication majeure avec le magnésium, la vitamine B6, les huiles de bourrache ou d’onagre et la vitamine D. Demandez conseil à votre professionnel de santé.
Ce que nous pourrons approfondir ensemble pour améliorer votre SPM de façon durable, lors d’une consultation
J’accompagne de nombreuses femmes vers un meilleur équilibre hormonal. Ensemble, nous pourrons identifier l’origine précise du SPM : excès d’œstrogènes ou déficit de progestérone ? Mauvaise détox des œstrogènes, ce qui favorise le contexte d’hyperœstrogénie ? Carence micronutritionnelle ? Défaut de certains neurotransmetteurs entraînant une fragilité émotionnelle ? Terrain inflammatoire chronique qui creuse davantage les déséquilibres hormonaux ? etc…
Des analyses fonctionnelles peuvent également permettre d’affiner le profil.
Une fois la ou les causes identifiées, nous pourrons mettre en place une stratégie sur mesure.
Suivant la cause identifiée, on pourra par exemple proposer de :
- Corriger le déficit en progestérone
- Lutter contre la rétention d’eau grâce à des plantes diurétiques consommées par exemple en tisane
- Agir sur l’inflammation (douleurs, migraines) de manière plus ciblée
- Contrôler les troubles de l’humeur et les pulsions alimentaires à l’aide de plantes qui permettent d’améliorer la synthèse de sérotonine
- Améliorer la détox des œstrogènes
Que faire en cas de syndrome prémenstruel ?
- Tenir un calendrier des symptômes sur deux cycles (jour du cycle, symptôme, intensité) : il confirme le lien avec les règles et sert de base à la consultation.
- Consulter votre médecin ou gynécologue pour poser le diagnostic, écarter un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) et discuter des traitements si les symptômes sont envahissants. Des pensées suicidaires cycliques nécessitent une prise en charge immédiate.
- Appliquer les mesures d’hygiène de vie décrites ci-dessus pendant la seconde partie du cycle : ralentir, dormir, bouger en douceur, limiter sel, alcool, café et sucres raffinés, privilégier une alimentation anti-inflammatoire.
- Chercher la cause avec un accompagnement : excès d’œstrogènes ou manque de progestérone, élimination hépatique des œstrogènes, carences, inflammation, neurotransmetteurs.
- Se faire accompagner : c’est le cœur de l’accompagnement en naturopathie, au cabinet à Lunel ou en visio.
La naturopathie intervient en complément du suivi médical, jamais à sa place : le diagnostic et le traitement relèvent du médecin.
Sources
- Santé menstruelle - Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire
- Règles douloureuses (dysménorrhée) - Assurance Maladie (ameli.fr)
Ces références institutionnelles complètent l’article. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin.
Questions fréquentes sur le syndrome prémenstruel
Un ensemble de symptômes physiques ou psychiques qui précèdent les règles et reviennent de manière cyclique. Selon les femmes, ils sont pénibles ou complètement handicapants. Plus d’un tiers des femmes seraient concernées.
Le plus souvent environ une semaine avant les règles, et ils disparaissent avec leur arrivée. Ils peuvent aussi commencer une dizaine de jours avant, voire dès l’ovulation : le SPM dure alors plus longtemps.
Physiques : seins tendus (mastodynie), prise de poids avec rétention d’eau, maux de tête et migraines, insomnies, douleurs pelviennes et du bas du dos, crampes, troubles digestifs, acné, fatigue prononcée. Psychiques : irritabilité, déprime, hypersensibilité, agressivité, anxiété, colère, difficultés de concentration, fringales et envies de sucre.
Les fluctuations hormonales du cycle, en particulier la chute des œstrogènes et de la progestérone en fin de cycle, un déséquilibre entre les deux, avec un excès relatif d’œstrogènes, des prédispositions génétiques, d’éventuelles carences en sérotonine, magnésium ou calcium, un excès d’aldostérone, qui favorise la rétention d’eau.
Le TDPM (troubles dysphoriques prémenstruels) est plus rare, environ 5 % des femmes, et beaucoup plus grave : il perturbe le travail, la vie sociale et les relations, avec parfois une dépression cyclique et des pensées suicidaires. Ces symptômes doivent être évoqués avec un professionnel de santé.
Selon les symptômes, le médecin peut proposer des anti-inflammatoires non stéroïdiens, la pilule en continu, un diurétique (spironolactone), des anxiolytiques ou des antidépresseurs, ou de la progestérone bio-identique en crème ou en ovule. Le médecin reste l’interlocuteur prioritaire, surtout en cas de TDPM. En complément, l’hygiène de vie aide de nombreuses femmes à mieux vivre cette période.
Ralentir en seconde partie de cycle, garder une activité physique douce, dormir au moins 7 h 30, pratiquer la cohérence cardiaque ou la méditation, limiter le sel en cas de rétention d’eau sans réduire l’eau, privilégier une alimentation anti-inflammatoire (céréales complètes, fruits, légumes, oméga 3) et, sur conseil d’un professionnel, magnésium, vitamine B6, huile de bourrache ou d’onagre et vitamine D. En complément du suivi médical, l’hygiène de vie aide souvent à mieux vivre cette période.
Pour aller plus loin
- Endométriose : symptômes, diagnostic, traitements et accompagnement
- Le cycle féminin : comprendre ses phases et ses hormones
- La progestérone
- Les œstrogènes : signes d’excès et de déficit
- Santé hépatique : le foie et l’élimination des hormones
- La préménopause : changements hormonaux et solutions naturelles
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Les termes techniques de cet article sont définis dans le lexique de la santé féminine.
