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Post-partum : pourquoi je perds mes cheveux (et pourquoi ce n’est pas une fatalité)

Mis à jour le 30 octobre 2026

Par Elise Rouvrais, naturopathe certifiée FÉNA - Mis à jour le 30 octobre 2026

La naissance d’un enfant est une chose merveilleuse qui entraîne une joie immense. Mais soyons honnêtes, c’est aussi une période source de fatigue, de stress, d’inquiétudes et de nuits hachées. On passe de 2 à 3, on réorganise toute sa vie, et pour beaucoup, il faut déjà anticiper la reprise du travail. C’est au milieu de ce grand challenge qu’apparaît souvent une chute de cheveux post-partum qui peut être spectaculaire.

En tant que femme et maman, je connais bien ce sujet, et je suis d’ailleurs moi-même en pleine chute de cheveux post-partum au moment où j’écris ces lignes. Je sais ô combien cette période peut être anxiogène et source d’angoisse quand on voit ses cheveux tomber en grand nombre.

Pourtant, ce phénomène a une explication biologique précise. Dans cet article, je vous propose de comprendre le mécanisme d’action de cette chute et de découvrir les options possibles pour l’appréhender sereinement.

En résuméLa chute de cheveux post-partum est un effluvium télogène aigu, un « rattrapage » et non une perte définitive. Pendant la grossesse, les œstrogènes prolongent la phase de croissance du cheveu : on en perd beaucoup moins. Après l’accouchement, leur chute brutale fait passer en même temps de nombreux cheveux en phase de chute. Elle est diffuse, commence en général 2 à 3 mois après la naissance et dure plusieurs mois, puis la chevelure retrouve sa densité d’avant la grossesse, aucun complément ne peut l’empêcher. Elle peut être aggravée par une carence en fer (anémie), une thyroïde ralentie (fer, iode), le stress et la fatigue, un allaitement long mal soutenu sur le plan nutritionnel, ou révéler une alopécie androgénétique jusque-là discrète. Pour limiter les dégâts : faire ses réserves en fer, zinc, vitamine D et acide folique dès le projet bébé, un suivi biologique pendant et après la grossesse, une alimentation adaptée, et consulter son médecin si la chute dure plus de 6 mois.

💡 En pleine chute de cheveux ?Si cette période vous inquiète et que vous souhaitez un accompagnement personnalisé pour soutenir votre vitalité et vos apports nutritionnels, vous pouvez dès maintenant prendre rendez-vous pour un bilan complet, en parallèle de votre suivi médical conventionnel.

Quel est le cycle de vie du cheveu ?

Avant de parler de chute, rappelons que le cheveu vit selon un cycle naturel en trois étapes :

  • La phase anagène : C’est la phase de croissance. Le cheveu pousse activement pendant plusieurs années.
  • La phase catagène : Une courte phase de transition où le cheveu cesse de pousser.
  • La phase télogène : C’est la phase de repos, qui dure environ 3 mois et se termine par la chute du cheveu pour laisser la place à un nouveau bourgeon.
Cycle de vie du cheveu standard, hors grossesse

Pourquoi les cheveux sont-ils plus beaux pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, nous vivons une période « bénie » pour notre chevelure. Grâce à l’augmentation massive des hormones féminines (notamment les œstrogènes), le cycle de vie du cheveu est modifié : la phase anagène (phase de croissance) est prolongée. Résultat ? On perd beaucoup moins de cheveux, la chevelure est plus dense, plus brillante, et regraisse souvent moins vite. C’est un véritable « bouclier de beauté » hormonal pour nos cheveux.

Cycle de vie du cheveu pendant la grossesse : Impact des hormones de grossesse sur le cycle capillaire

Pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ? L’effluvium télogène du post-partum

Après l’accouchement, le rideau tombe. La chute hormonale est brutale et entraîne un passage massif et simultané de nombreux cheveux en phase télogène (phase de chute). C’est la chute de cheveux post partum.

C’est ce qu’on appelle un effluvium télogène aigu. Ce n’est pas une perte de cheveux définitive, mais un « rattrapage » : tous les cheveux qui auraient dû tomber pendant neuf mois tombent d’un coup.

  • Le caractère : La chute est diffuse (sur toute la tête) et non localisée (on n’observe pas de zone clairsemée en particulier).
  • La chronologie : la chute de cheveux post partum survient en général 2 à 3 mois après l’accouchement et dure plusieurs mois.
  • Le pronostic : C’est un phénomène physiologique, transitoire et réversible.
  • La vérité : Aucun complément alimentaire, aussi bon soit-il, ne pourra empêcher cette chute hormonale si elle est programmée. C’est une étape normale du retour à l’équilibre.

Quels facteurs peuvent aggraver la chute de cheveux post-partum ?

Si la chute hormonale est inévitable, certains facteurs peuvent l’accentuer ou la prolonger :

  • Les carences nutritionnelles : Le fer est le nerf de la guerre. Entre les besoins de la grossesse et les pertes de sang lors de l’accouchement, une anémie peut aggraver la chute.
  • La santé thyroïdienne : Les carences en fer ou en iode, souvent aggravées par la grossesse, peuvent ralentir la thyroïde, chef d’orchestre de notre métabolisme, ce qui impacte directement les cheveux.
  • Le stress et la fatigue : Le choc physique de l’accouchement et l’épuisement des premières nuits sont des déclencheurs de chute réactionnelle.
  • Le terrain préexistant : Parfois, cette chute brutale met en lumière une alopécie androgénétique qui était jusque-là discrète.
  • L’allaitement : S’il est long et mal accompagné sur le plan nutritionnel, il peut accentuer l’épuisement des réserves de la maman.

Que se passe-t-il en cas d’alopécie androgénétique ?

L’alopécie androgénétique (AAG) est un cas bien particulier qui ne concerne pas toutes les jeunes mamans qui me lisent mais je me permets tout de même cette parenthèse car je sais que j’ai beaucoup de lectrices dans cette situation.

L’alopécie androgénétique en bref

L’AAG est une chute de cheveux liée à une sensibilité hormonale : sensibilité aux hormones androgènes ou, encore dit plus simplement sensibilité aux « hormones masculines ». Cette chute entraîne une diminution de la densité dans les zones androgénodépendantes comme la raie centrale et les tempes chez la femme. Cette perte de cheveux préexiste généralement avant le désir d’enfant, et à fortiori avant la grossesse. J’ai d’ailleurs écrit un article sur l’AAG et le désir d’enfant si ce sujet vous intéresse.

Alopécie androgénétique et grossesse

Lorsque la femme atteinte d’AAG tombe enceinte, les hormones féminines de la grossesse vont - comme chez n’importe quelle autre femme - avoir un effet protecteur sur ses cheveux comme je l’ai décrit précédemment. Généralement, pendant la grossesse, les cheveux tomberont moins, la chevelure sera plus dense, offrant la sensation que l’AAG est « mise en pause ».

Alopécie androgénétique et chute de cheveux post-partum

Après l’accouchement, comme chez n’importe quelle autre femme, il y aura ce « fameux rattrapage » dont j’ai parlé, cette fameuse chute physiologique. Cette chute physiologique, liée à la chute brutale des hormones féminines après la naissance ne pourrait être empêchée, y compris en prenant ou reprenant les traitements médicaux contre l’AAG.

Petit à petit, au fil des mois, la femme retrouvera sa densité d’avant la grossesse, ni plus, ni moins. Retour à la case départ en quelque sorte…
Donc, je tiens à vous rassurer, si votre AAG est stabilisée depuis plusieurs années et que la chute de cheveux du post partum vous angoisse, rassurez-vous, il n’y a a priori aucune raison pour que votre chevelure soit altérée sur le long terme. Vous vivrez probablement une chute de cheveux post partum, qui peut être impressionnante certes et raviver de mauvais souvenirs liés à votre AAG mais qui reste physiologique. Tout devrait rentrer dans l’ordre.

Comment traverser la chute de cheveux post-partum ?

On ne peut pas toujours empêcher la chute, mais on peut soutenir la repousse et « limiter les dégâts » :

  1. Anticiper la micronutrition : L’idéal est de faire un bilan dès le projet d’enfant. Faire ses réserves en fer, zinc, vitamine D et acide folique avant la grossesse permet de mieux encaisser le post-partum.
  2. Se faire suivre sur la durée : Les besoins évoluent. Un suivi biologique pendant la grossesse et après l’accouchement est essentiel pour ajuster les apports (fer, iode, magnésium notamment).
  3. Optimiser votre alimentation : il est important de bien vous nourrir pour vous (et votre bébé si vous allaitez !). Dans cet article vous trouverez les différents aliments intéressants pour prendre soin de vos cheveux en post partum.
  4. Écouter son corps et son esprit : La maternité change le corps et l’image de soi. Si cette chute de cheveux ou les difficultés de la maternité deviennent trop lourdes à porter, n’hésitez pas à en parler. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, c’est une stratégie de santé.
  5. Consulter votre médecin si nécessaire : Si la chute de cheveux se prolonge plus de 6 mois, ce n’est pas normal. Je vous recommande d’en discuter avec votre professionnel de santé pour qu’il explore les causes de cette chute de cheveux.
  6. J’ai écrit un précédent article avec de nombreux conseils pour apporter visuellement du volume et une impression de densité à la chevelure. Je l’ai orienté à l’origine pour les femmes atteintes d’alopécie androgénétique, mais beaucoup de recommandations s’adressent en réalité à toute femme qui souhaite améliorer l’aspect de ses cheveux. Ces petites astuces vous permettront, je l’espère, de mieux vivre cette transition.

Ce qu’il faut retenir sur la chute de cheveux post-partum

Rassurez-vous, la situation se stabilise généralement quelques mois après la naissance. Vos cheveux retrouveront leur cycle habituel. En attendant, prenez soin de vous, la priorité reste votre bien-être global !

Questions fréquentes sur la chute de cheveux post-partum

Pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ?

Pendant la grossesse, l’augmentation massive des hormones féminines, notamment des œstrogènes, prolonge la phase de croissance du cheveu : on en perd beaucoup moins. Après l’accouchement, la chute hormonale brutale fait passer en même temps de nombreux cheveux en phase télogène, la phase de chute. C’est un effluvium télogène aigu : les cheveux qui auraient dû tomber pendant neuf mois tombent d’un coup.

Quand commence la chute de cheveux post-partum et combien de temps dure-t-elle ?

En général 2 à 3 mois après l’accouchement, et elle dure plusieurs mois. La situation se stabilise ensuite et les cheveux retrouvent leur cycle habituel. Si la chute se prolonge plus de 6 mois, ce n’est pas normal : parlez-en à votre médecin.

La chute de cheveux post-partum est-elle définitive ?

Non. C’est un phénomène physiologique, transitoire et réversible. La chute est diffuse, sur toute la tête, sans zone clairsemée en particulier, et la chevelure retrouve peu à peu sa densité d’avant la grossesse.

Peut-on empêcher la chute de cheveux post-partum ?

Non : aucun complément alimentaire, aussi bon soit-il, ne peut empêcher cette chute hormonale, étape normale du retour à l’équilibre. On peut en revanche soutenir la repousse et limiter ce qui l’aggrave : réserves en fer, zinc, vitamine D et acide folique dès le projet d’enfant, suivi biologique pendant et après la grossesse, alimentation adaptée.

Qu’est-ce qui peut aggraver la chute de cheveux après la grossesse ?

Les carences, surtout en fer (anémie après les pertes de sang de l’accouchement), une thyroïde ralentie par des carences en fer ou en iode, le stress, le choc physique de l’accouchement et l’épuisement des premières nuits, un allaitement long mal accompagné sur le plan nutritionnel, et parfois une alopécie androgénétique jusque-là discrète, que la chute révèle.

Que se passe-t-il en cas d’alopécie androgénétique ?

Pendant la grossesse, les hormones féminines protègent aussi les cheveux et l’alopécie androgénétique semble « mise en pause ». Après l’accouchement, la chute physiologique a lieu comme chez toute femme, sans pouvoir être empêchée, même en reprenant un traitement. Au fil des mois, la densité d’avant la grossesse revient : si l’alopécie était stabilisée, il n’y a a priori pas de raison que la chevelure soit altérée à long terme.

Pour aller plus loin

Et si on prenait soin de vous, maman ?
Parce que votre bien-être est la clé d’un post-partum serein, je vous propose un accompagnement global alliant naturopathie et micronutrition. Un suivi naturel en complément de votre parcours médical classique pour vous aider à mieux vivre ces changements.

Les termes techniques de cet article sont définis dans le lexique de la santé féminine.

À propos de l’auteure

Naturopathe formée au CENATHO (Paris), certifiée FÉNA, membre de l’OMNES et ingénieure de formation, je suis spécialisée dans l’équilibre hormonal féminin et la périnatalité : cycle, SOPK, endométriose, thyroïde, fertilité, grossesse et post-partum. Je vous reçois à mon cabinet de Lunel, près de Montpellier et Nîmes, ou en visio, toujours en complément de votre suivi médical.