Menu
Beauté / Cycle & hormones

Chute de cheveux chez la femme : comprendre les causes et agir

Par Elise Rouvrais, naturopathe formée au CENATHO (Paris), certifiée FÉNA, membre de l’OMNES, spécialisée dans l’équilibre hormonal féminin. Dernière mise à jour le 29 octobre 2026. Les termes techniques sont définis dans le lexique de la santé féminine.

Une chute qui s’accélère après un accouchement, des cheveux qui s’affinent à la ménopause, une raie qui s’élargit ou des poignées de cheveux sous la douche après une période difficile : la chute de cheveux inquiète, et son retentissement sur l’estime de soi est souvent sous-estimé. Nos cheveux sont un marqueur fort de féminité et de santé. Ce guide rassemble ce que j’explique en consultation et dans mes articles : comment vit un cheveu, comment distinguer les grands types de chute, ce qui les favorise, ce que propose la médecine et ce que l’accompagnement naturel peut apporter, toujours en complément du suivi médical.

En résumé : un cheveu vit en trois phases (croissance pendant plusieurs années, transition, puis repos d’environ trois mois qui se termine par la chute). Deux grands types de chute sont à distinguer. La chute réactionnelle (effluvium télogène) est massive, soudaine et diffuse, 2 à 3 mois après un accouchement, un choc, une forte fièvre, une opération ou une carence aiguë : elle est transitoire. La chute hormonale, ou alopécie androgénétique, est lente et localisée (sommet du crâne, raie qui s’élargit) : le follicule, sensible aux androgènes, produit des cheveux de plus en plus fins, avec ou sans excès d’hormones masculines. La ménopause, le SOPK, l’hyperandrogénie, la thyroïde, le stress, la résistance à l’insuline et les carences (fer, iode, zinc, vitamines B et D) pèsent sur le terrain. Côté médical, le minoxidil est le traitement local de référence. Les soins naturels et les astuces esthétiques aident, sans être miraculeux. Une chute qui dure ou inquiète justifie d’en chercher la cause avec un médecin, idéalement un dermatologue.

Comment vit un cheveu ?

Chaque cheveu suit un cycle en trois phases, renouvelé un nombre limité de fois au cours de la vie :

  • la phase anagène, de croissance : la plus longue, environ cinq ans hors pathologie ;
  • la phase catagène, de transition : quelques semaines pendant lesquelles le cheveu cesse de pousser ;
  • la phase télogène, de repos : environ trois mois, puis le cheveu tombe pour laisser place à un nouveau.

Les hormones féminines, notamment les œstrogènes, prolongent la phase de croissance : c’est pourquoi on perd beaucoup moins de cheveux pendant la grossesse. À l’inverse, sous l’influence des androgènes, un cheveu sensible passe trop tôt en phase de chute et repousse de plus en plus fin. Détails dans la chute de cheveux post-partum et le minoxidil en questions-réponses.

Chute réactionnelle ou chute hormonale : comment faire la différence ?

  • La chute réactionnelle (effluvium télogène) est massive, soudaine et diffuse sur toute la tête : des poignées de cheveux sous la douche, 2 à 3 mois après un événement déclencheur (accouchement, choc émotionnel, forte fièvre, opération, anesthésie, carence aiguë en fer, dérèglement brutal de la thyroïde). C’est un phénomène transitoire et réversible.
  • La chute hormonale (alopécie androgénétique) est lente, progressive et localisée : les cheveux s’affinent sur le sommet du crâne, la raie centrale s’élargit, parfois les tempes se dégarnissent.

Les deux peuvent se superposer : une chute brutale met parfois en lumière une alopécie androgénétique jusque-là discrète. L’accompagnement n’est pas le même, d’où l’importance d’identifier la cause avant d’entreprendre quoi que ce soit.

Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique ?

C’est une perte de cheveux liée à une sensibilité des follicules pileux aux androgènes, les hormones dites « masculines » normalement présentes chez la femme. Cela ne signifie pas toujours un excès d’hormones : il existe parfois une hyperandrogénie biologique, mais souvent les taux sont normaux et c’est le cheveu qui est génétiquement plus sensible. Sous l’action de la DHT, le follicule se rétracte et le cheveu s’affine jusqu’au duvet.

Quand il y a hyperandrogénie, la première cause est le SOPK ; la résistance à l’insuline, le surpoids, le stress, un poids insuffisant, l’hypothyroïdie ou certains contraceptifs peuvent aussi l’entretenir. L’alopécie androgénétique s’accompagne parfois d’une dermite séborrhéique (pellicules grasses, démangeaisons).

Pourquoi perd-on ses cheveux après un accouchement ?

Pendant la grossesse, les œstrogènes prolongent la phase de croissance : la chevelure est plus dense. Après l’accouchement, leur chute brutale fait passer en même temps de nombreux cheveux en phase de chute : c’est un effluvium télogène, un « rattrapage » qui commence en général 2 à 3 mois après la naissance et dure plusieurs mois, avant un retour à la densité d’avant la grossesse. Une carence en fer, une thyroïde ralentie, le stress, la fatigue ou un allaitement long mal soutenu peuvent l’aggraver ; au-delà de six mois, ce n’est pas normal et il faut en parler à son médecin. Tout est détaillé dans la chute de cheveux post-partum.

Pourquoi les cheveux s’affinent-ils à la ménopause ?

Ce n’est pas une simple baisse des hormones mais un changement de rapport : les hormones féminines protectrices chutent alors que les androgènes baissent beaucoup moins vite. Les follicules sensibles s’affinent, surtout sur le sommet du crâne et la raie. Le stress et les bouffées de chaleur, la résistance à l’insuline, le ralentissement de la thyroïde et les carences aggravent le terrain. Garder un poids de forme compte, car le tissu adipeux convertit la DHEA en œstrogènes. Voir Ménopause et chute de cheveux.

Alopécie et projet bébé : faut-il choisir ?

Non. L’effet d’une pilule ou d’un traitement hormonal ne disparaît pas du jour au lendemain : il reste souvent une marge de plusieurs semaines ou mois, et si la grossesse survient dans ce délai, ses hormones prennent le relais et protègent les cheveux. Le minoxidil, qui n’est pas hormonal, peut souvent être poursuivi jusqu’au test de grossesse positif avec l’accord du médecin. Voir Alopécie androgénétique et grossesse.

Quel rôle jouent l’alimentation, les carences et la thyroïde ?

Une alimentation trop pauvre, peu diversifiée ou très transformée, des régimes restrictifs ou une alimentation végétarienne ou végétalienne peuvent créer des carences qui font tomber les cheveux et perturbent l’équilibre hormonal. Les nutriments clés sont le fer, l’iode, les vitamines B8, B5 et B12, la vitamine D, la vitamine A et le zinc : voir l’alimentation anti-chute de cheveux. Pas de complément de fer sans carence avérée.

La thyroïde règle le métabolisme : une hypothyroïdie s’accompagne volontiers d’une chute de cheveux et d’ongles cassants, une hyperthyroïdie de cheveux cassants. Les carences en fer et en iode peuvent la ralentir ; elles se vérifient par des analyses biologiques.

Quels traitements médicaux existent ?

  • Le minoxidil, lotion appliquée sur le cuir chevelu, est le traitement local de référence de l’alopécie androgénétique. Il n’est pas hormonal : il prolonge la phase de croissance. Il stoppe la chute dans 70 % des cas (dont 10 à 15 % avec une repousse satisfaisante), en 2 à 3 mois, avec un effet optimal vers 10 à 12 mois. Voir le minoxidil en questions-réponses.
  • Les traitements hormonaux (pilules contraceptives spécifiques, anti-androgènes) lissent les fluctuations hormonales ou bloquent l’action des androgènes.
  • À la ménopause, le traitement hormonal de la ménopause est en général proposé seulement si d’autres troubles invalidants accompagnent la chute.

Ces traitements se décident avec un médecin, idéalement un dermatologue spécialisé dans les pathologies du cuir chevelu.

Quels soins et quelles astuces au quotidien ?

Les soins naturels ne sont pas une solution miraculeuse et ne viendront pas à bout, seuls, d’une chute pathologique ; ce sont des soins de qualité, en complément : bain d’huile avant shampoing, poudres ayurvédiques (le henné gaine et fortifie), soin fortifiant.

Côté esthétique, plusieurs astuces redonnent du volume : shampoings aux argiles ou au rhassoul qui régulent le sébum, lavages aussi souvent que nécessaire, coupe plus courte ou raie déplacée sur le côté, ondulations sans chaleur, poudres densifiantes, volumateur partiel quand l’alopécie est avancée. Tout est dans les solutions esthétiques pour retrouver du volume.

Quand consulter son médecin ?

  • dès qu’une chute est anormale ou persistante, pour en identifier la cause avant tout traitement ;
  • si la chute du post-partum dure plus de six mois ;
  • en cas de problème persistant du cuir chevelu (démangeaisons, pellicules, inflammation) ;
  • avant de commencer, d’arrêter ou d’adapter un traitement, surtout autour d’un projet de grossesse.

Le médecin, et idéalement un dermatologue spécialisé dans les pathologies du cuir chevelu, pose le diagnostic. Si la chute vous gâche la vie, n’hésitez pas non plus à vous faire aider par un thérapeute : la perte de cheveux est souvent vécue comme un deuil.

Que peut apporter l’accompagnement en naturopathie ?

Il travaille le terrain qui entretient la chute, en complément du suivi médical : équilibre hormonal, glycémie et résistance à l’insuline, inflammation, thyroïde, poids de forme, gestion du stress et du sommeil, correction des carences. Il aide aussi à préparer un arrêt de pilule ou un projet bébé quand une alopécie est stabilisée. Mes accompagnements se déroulent au cabinet de Lunel ou en visio, partout en France.

Votre chute de cheveux vous inquiète ? Faisons le point sur votre terrain hormonal et nutritionnel, au cabinet de Lunel ou en visio, en complément de votre suivi médical.

Questions fréquentes sur la chute de cheveux chez la femme

Comment savoir si ma chute de cheveux est hormonale ou réactionnelle ?

La chute réactionnelle est massive, soudaine et diffuse, 2 à 3 mois après un événement (accouchement, choc, fièvre, opération, carence aiguë) ; elle est transitoire. La chute hormonale, ou alopécie androgénétique, est lente, progressive et localisée sur le sommet du crâne et la raie. Les deux peuvent se superposer : seul un bilan permet d’en identifier la cause.

La chute de cheveux après un accouchement est-elle normale ?

Oui : c’est un effluvium télogène, un rattrapage des cheveux qui ne sont pas tombés pendant la grossesse. Elle commence en général 2 à 3 mois après la naissance, dure plusieurs mois puis la densité revient. Au-delà de six mois, il faut en parler à son médecin.

Pourquoi les cheveux s’affinent-ils à la ménopause ?

Parce que le rapport entre hormones change : les hormones féminines protectrices chutent alors que les androgènes baissent beaucoup moins vite. Les follicules sensibles s’affinent, surtout sur le sommet du crâne et la raie ; le stress, la résistance à l’insuline, la thyroïde et les carences aggravent le terrain.

L’alopécie androgénétique signifie-t-elle un excès d’hormones masculines ?

Pas toujours. Il existe parfois une hyperandrogénie biologique, dont le SOPK est la première cause, mais souvent les taux hormonaux sont normaux et c’est le cheveu qui est génétiquement plus sensible à l’action des androgènes.

Quelles carences peuvent faire tomber les cheveux ?

Les carences en fer, iode, zinc, vitamines B (B5, B8, B12), vitamine D et vitamine A. Elles viennent souvent d’une alimentation pauvre, très transformée ou restrictive, d’une alimentation végétalienne, de pertes de sang (règles abondantes, accouchement) ou d’une mauvaise assimilation intestinale. Elles se vérifient par des analyses biologiques.

La thyroïde peut-elle faire tomber les cheveux ?

Oui : une hypothyroïdie s’accompagne volontiers d’une chute de cheveux et d’ongles cassants, et un dérèglement brutal de la thyroïde peut déclencher une chute réactionnelle. Les carences en fer et en iode peuvent ralentir la thyroïde.

Le minoxidil est-il efficace et est-il hormonal ?

C’est le traitement local de référence de l’alopécie androgénétique et il n’a aucune action hormonale. Il stoppe la chute dans 70 % des cas, en 2 à 3 mois, avec un effet optimal vers 10 à 12 mois. Il se décide avec un médecin, après avoir identifié la cause de la chute.

Les soins naturels peuvent-ils arrêter une chute de cheveux ?

Pas à eux seuls : bains d’huile, poudres ayurvédiques ou soins fortifiants sont des soins de qualité, mais ils ne viennent pas à bout d’une chute pathologique comme l’alopécie androgénétique. Ils s’utilisent en complément de la prise en charge médicale adaptée, à voir d’abord avec votre médecin ou votre dermatologue.

Sources

Pour aller plus loin

À propos de l’auteure

Naturopathe formée au CENATHO (Paris), certifiée FÉNA, membre de l’OMNES et ingénieure de formation, je suis spécialisée dans l’équilibre hormonal féminin et la périnatalité : cycle, SOPK, endométriose, thyroïde, fertilité, grossesse et post-partum. Je vous reçois à mon cabinet de Lunel, près de Montpellier et Nîmes, ou en visio, toujours en complément de votre suivi médical.

No Comments

    Leave a Reply