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Cycle & hormones / Nutrition

Le Poids de forme : Fondement de l’Équilibre Hormonal Féminin

Vous souffrez d’absence de règles, d’une fatigue chronique, de difficultés de conception, de signes d’hyperandrogénie ou vous vivez une période de ménopause très compliquée ? Vous avez effectué de multiples examens médicaux, mais vous avez le sentiment qu’il manque une pièce au puzzle dans votre hygiène de vie ? Dans ma pratique, je constate régulièrement un dénominateur commun chez de nombreuses consultantes : un poids trop faible. Le lien entre poids et équilibre hormonal est pourtant fondamental : un Indice de Masse Corporelle (IMC) insuffisant ne permet pas de maintenir un bon état d’équilibre global. Décryptage d’un problème souvent sous-estimé.

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Quand le corps passe en « mode survie »

Quand le corps passe en « mode survie »

Si votre poids n’est pas suffisant, votre organisme se retrouve plongé dans un état de stress profond. Face à ce qu’il interprète comme une menace, le corps est intelligent : il se met en état de vigilance extrême et passe en mode survie.

Concrètement, l’organisme va rediriger toute son énergie vers les fonctions vitales (le cœur, le cerveau, la respiration) au détriment des fonctions qu’il juge « accessoires ». Les conséquences sont immédiates : l’équilibre hormonal s’effondre, les règles peuvent s’arrêter, la qualité de la peau et des cheveux se dégrade, et la vitalité immunitaire chute.

La reproduction n’étant pas une fonction vitale pour votre propre survie, un corps dénutri pourra « couper » ce système pour économiser son énergie. Cela entrainera des troubles du cycle (et ses conséquences multiples !), une ovulation de moins bonne qualité ou complètement absente, et des difficultés pour concevoir.

La Check-list : 6 signaux d’alerte à ne pas ignorer

Les femmes en sous-poids ou en déficit énergétique ne se rendent pas toujours compte de leur état. Au-delà du cycle menstruel perturbé, voici les signes qui indiquent que votre corps tourne à vide :

  • Une frilosité constante : Vous avez presque toujours froid, en particulier aux extrémités (mains et pieds).
  • Des troubles du sommeil : Des difficultés d’endormissement ou des réveils nocturnes fréquents.
  • Une fatigue persistante : Un épuisement lourd qui ne passe pas, même après une bonne nuit de sommeil.
  • Des blessures à répétition : Une mauvaise récupération sportive, des tendinites récurrentes ou des fractures de fatigue.
  • Une obsession de l’assiette ou du mouvement : Des pensées obnubilées par la nourriture, ou un besoin viscéral, presque compulsif, de faire du sport.
  • Un antécédent de TCA (Trouble des Conduites Alimentaires) : Même si un trouble (anorexie, boulimie, orthorexie) a eu lieu à l’adolescence et vous semble aujourd’hui totalement résorbé, il laisse souvent des traces sur le métabolisme et peut fausser votre perception de ce qu’est un véritable « poids de forme ».

Oubliez la taille 36 : Qu’est-ce qu’un « vrai » poids d’équilibre ?

J’aimerais insister sur une notion fondamentale : un poids suffisant n’est pas forcément une taille 34 ou 36. Ce n’est pas non plus le poids de votre amie qui fait exactement la même taille que vous. Le « poids de forme » est une notion abstraite et profondément individuelle. C’est tout simplement le poids qui permet à votre organisme de fonctionner de manière optimale et de maintenir un équilibre hormonal parfait.

C’est là que réside toute la complexité du problème (et le fait que le diable se cache dans les détails) : il n’est pas nécessaire d’être visuellement « maigre » pour être en deçà de son propre poids de forme.

Aujourd’hui, notre société valorise énormément les corps minces. Vous pouvez donc tout à fait correspondre à un idéal esthétique féminin valorisé par la société… alors que ce corps est en réalité en souffrance physiologique. C’est précisément pour cela que ce poids « apparemment normal » n’alerte ni les femmes elles-mêmes, ni toujours leur entourage. Elles ne soupçonnent absolument pas que leur poids, qu’elles jugent peut-être « parfait », est la pièce manquante de l’équation.

Il est donc impossible de répondre à la question : « quel poids dois-je faire pour être en pleine vitalité ? ». Cela dépend de chaque femme et de ses antécédents. Je vois très souvent des consultantes dont le poids semble globalement correct sur le papier, mais qui auront besoin de dépasser un IMC de 20, par exemple, pour que leur corps se sente suffisamment en sécurité et relance son activité hormonale.

De la fertilité à la ménopause : la magie insoupçonnée du tissu adipeux (et de votre poids !) pour votre équilibre hormonal

Pour bien comprendre, il faut regarder ce qu’il se passe au niveau biologique. Le tissu adipeux (le gras) n’est pas qu’une simple réserve d’énergie : c’est un véritable organe endocrinien (capable de sécréter des hormones), indispensable à votre équilibre à chaque étape de votre vie de femme.

  • Pendant la période d’activité ovarienne : Pour déclencher l’ovulation, votre cerveau a besoin d’un « feu vert » indiquant que votre corps est capable de supporter une grossesse. Ce signal est donné par la leptine, une hormone produite directement par vos cellules graisseuses. Si votre masse grasse est trop basse, la leptine chute. Le cerveau comprend qu’il y a « famine » et bloque l’ovulation, entraînant des cycles irréguliers ou une disparition des règles (c’est ce qu’on appelle l’Aménorrhée Hypothalamique), des déséquilibres hormonaux et des troubles de la fertilité. (J’ai détaillé ce mécanisme dans cet article : Hormones déréglées ? Et si vous ne mangiez pas assez de gras ?)
  • Après l’arrêt de l’activité ovarienne (à la ménopause) : Le rôle du gras ne s’arrête pas là ! À la ménopause, les ovaires cessent de produire des œstrogènes. Cependant, le corps est capable de prendre le relais en douceur… à condition d’en avoir les moyens. En effet, le tissu graisseux a la capacité remarquable de transformer la DHEA (souvent surnommée « l’hormone de jouvence ») en œstrogènes. Une femme avec un IMC trop bas aura beaucoup de mal à assurer ce relais hormonal naturel, ce qui aggravera considérablement les inconforts liés à la chute des œstrogènes (sécheresse des muqueuses, perte de cheveux, vieillissement cutané, fatigue, bouffées de chaleur, etc.).

Le sous-poids : un aspect parfois oublié de l’hygiène de vie

Les consultantes qui arrivent dans mon cabinet ont souvent un long parcours de recherches derrière elles. Pourtant, la question de leur équilibre pondéral n’a pas toujours été explorée.

Il règne aujourd’hui une focalisation quasi exclusive sur les dangers de l’excès de poids. Cette « grossophobie ambiante » pousse souvent notre société à pointer du doigt les kilos en trop, tout en banalisant la grande maigreur, qui n’est généralement pas perçue comme un signal d’alerte. Les clientes n’investiguent donc jamais cet axe, alors que son exploration, en complément des suivis médicaux conventionnels (pour les troubles de la fertilité ou l’aménorrhée), pourrait parfois ouvrir de formidables pistes pour retrouver un meilleur équilibre.

Quand retrouver son « poids de forme » permet de soutenir le corps

Il ne s’agit pas de prendre 20 kilos, mais de retrouver le poids qui permet à votre corps de fonctionner pleinement. Voici quelques exemples de ce que l’on peut observer en cabinet lorsque l’organisme se sent à nouveau en sécurité :

  • Le soutien de la fertilité : De jeunes femmes rencontrant des difficultés de conception voient parfois leur corps relancer des ovulations de qualité simplement en retrouvant un poids d’équilibre, créant ainsi un terrain favorable (en parallèle ou non d’un parcours PMA).
  • L’accompagnement des signes du SOPK : Certains inconforts (acné, chute de cheveux, déséquilibres du cycle) peuvent être exacerbés par un corps en état de « survie » énergétique. Redonner de l’énergie au corps permet souvent d’apaiser ces signes de façon spectaculaire.
  • Le retour naturel du cycle : L’absence de règles (et donc d’ovulation) est parfois directement liée à un apport énergétique trop bas. En retrouvant un poids d’équilibre, le corps se sent à nouveau capable de relancer son cycle naturel de lui-même.
  • La vitalité à la ménopause : Des pertes de cheveux importantes ou une baisse de libido à la ménopause touchent souvent des profils très minces. Une légère prise de poids suffit bien souvent à relancer cette fameuse transformation de la DHEA en œstrogènes, ravivant la beauté de la peau, des muqueuses et des cheveux ainsi que l’énergie générale.

Déconstruire la peur de grossir : le gras est votre allié

Entendre qu’il faut « reprendre du poids » est souvent un choc. Dans une société qui valorise la minceur à l’extrême et où la culture des régimes a trop longtemps diabolisé le gras, cette idée peut déclencher une véritable appréhension. C’est tout à fait normal de ressentir cette peur.

Le gras n’est pas votre ennemi, c’est la matière première de vos hormones. D’un point de vue purement biologique, le gras est la matière première avec laquelle votre corps fabrique vos hormones. Sans un apport lipidique suffisant, « l’usine hormonale » ferme ses portes.

Si vous souhaitez vous réconcilier avec cette idée, je vous recommande d’ailleurs vivement l’excellent ouvrage du Dr Laurence Plumey, Le monde merveilleux du gras : Tout sur ces rondeurs qui nous habitent ! C’est une lecture fascinante et déculpabilisante qui vous fera changer de regard sur votre tissu adipeux. Reprendre du poids n’est donc pas un échec corporel, c’est un acte fondateur pour reconstruire votre vitalité.

Par où commencer ? 3 actions concrètes pour restaurer l’équilibre

Si vous vous reconnaissez dans ce profil, voici par où commencer pour inverser la tendance :

  1. Réintroduire les bons lipides : Ne fuyez plus les graisses. Les avocats, l’huile d’olive, les oléagineux (noix, amandes), les poissons gras et les œufs doivent retrouver une place de choix dans vos assiettes et j’ose même le dire le beurre de qualité (oui vous avez bien lu mesdames ! le beurre !)
  2. Adapter et moduler votre dépense physique : Si vous avez une pratique sportive intense, il va falloir lever le pied temporairement. Le Syndrome RED-S (Déficit Énergétique Relatif dans le Sport) est bien connu chez les sportives. L’objectif est de sortir du déficit énergétique pour que votre corps comprenne qu’il n’est plus en mode « survie ».
  3. Vous faire bien accompagner : Ne restez pas seule face à ces changements. Entourez-vous de professionnels de la santé et de l’accompagnement qui comprennent réellement les enjeux liés au sous-poids, à l’aménorrhée et aux antécédents de TCA, afin d’être guidée avec bienveillance. Si vous le souhaitez, je peux vous accompagner dans ce cheminement en complément strict de votre suivi médical conventionnel.

Revenir à la base de votre équilibre

Je ne remets absolument pas en question les avancées médicales comme la pilule, la PMA ou les Traitements Hormonaux de la Ménopause (THM) : ce sont des inventions exceptionnelles qui changent des vies.

Cependant, ils doivent être utilisés à bon escient. Parfois, le problème ne vient pas d’un « dysfonctionnement » de votre corps, mais simplement d’un apport insuffisant. Les traitements médicaux, aussi fabuleux soient-ils, gagnent toujours à s’appuyer sur la fondation même de votre vitalité : votre poids d’équilibre.

Quand la base n’est pas là, l’équilibre global ne peut pas s’épanouir. Parfois, redonner à son corps l’énergie dont il a besoin suffit à lui rendre son incroyable capacité à bien fonctionner.

👉 Ne restez pas seule face à ces déséquilibres. Si vous pensez que votre poids joue un rôle dans vos troubles hormonaux et que vous souhaitez retrouver votre vitalité sans peur et sans culpabilité, je suis là pour vous aider. Découvrez mes accompagnements en séance et commençons ensemble à relancer la belle mécanique de votre corps.

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