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Podcast La Tresse Association

La désinformation et les réseaux sociaux

La désinformation, notamment sur le thème de la santé, est omniprésente sur internet.

Par l’intermédiaire des réseaux sociaux, certaines marques, influenceurs ou entrepreneurs n’hésitent pas à semer le trouble, voire à véhiculer de fausses informations pour attirer le client et/ou vendre un produit ou un service.
Cette propagande de la désinformation et de la peur se fait bien souvent au détriment de la santé de certaines personnes, qui auraient pu bénéficier d’un vrai suivi sérieux et de réels soins.

Je suis récemment intervenue sur le Podcast de l’Association La Tresse pour évoquer ce sujet et donner quelques clés de lecture pour arriver à débusquer ce type de pratique.

Où écouter cet épisode du Podcast de la Tresse ?

L’épisode du Podcast « La Désinformation – partie 2 » est notamment disponible sur les plateformes d’écoute suivantes:

Dans cet épisode du Podcast, nous avons pris des exemples concrets pour illustrer la désinformation, en particulier sur le sujet de la chute des cheveux et de l’alopécie androgénétique (AAG). J’y évoque également mon expérience avec ma chute de cheveux personnelle et mon rapport à cette désinformation.

Exemples de désinformations courantes sur les réseaux sociaux sur le thème de l’alopécie

Personnellement, j’ai déjà rencontré les situations suivantes sur Instagram et internet :

  • Une marque qui cherche à vendre un shampoing antichute, une lotion spéciale repousse ou un complément alimentaire. Elle n’hésite pas à mentir sur les propriétés soi-disant « miraculeuses » de son produit sur la chute/repousse des cheveux, y compris sur l’alopécie androgénétique. Parfois, la marque utilise des photos « avant/après », ô combien tape à l’œil, pour illustrer ses propos.
  • Une influenceuse qui fait la publicité d’une lotion ou complément alimentaire en vantant ses propriétés, y compris pour l’alopécie androgénétique (AAG). La personne est rémunérée pour son intervention et exagère les vertus du produit pour faire le buzz et augmenter ses vues.
  • Une marque de perruques et volumateurs qui n’hésite pas à discréditer les traitements médicaux, dans le but de décourager les femmes à essayer ce type d’option.
    L’objectif est simple : semer le trouble dans l’esprit des femmes qui vivent une alopécie (ou un début d’alopécie) pour les orienter, non pas vers des solutions qui permettent de préserver le capital capillaire, mais directement vers ses produits de compléments capillaires.
  • Une coach qui vend des accompagnements sur l’acceptation de l’alopécie et qui oriente tout son discours autour de cette acceptation, sans évoquer réellement – et en toute objectivité – les alternatives médicales qui fonctionnent.
  • Une autre coach encore vend des accompagnements, des « programmes fortifiants » à base de poudres ayurvédiques, permettant selon elle, d’améliorer la chute de cheveux dans le cas d’une AAG.
  • Enfin, certains naturopathes n’hésitent pas à conseiller leur service autour de l’AAG (ce que je peux tout à fait concevoir – la naturopathie reste à mon sens un accompagnement complémentaire intéressant). Mais le problème est qu’ils n’évoquent que les solutions nutritionnelles ou de phytothérapie, qui malheureusement, à elles seules, ne suffisent absolument pas à stabiliser une alopécie androgénétique. La notion de suivi par un dermatologue expert dans les pathologies du cuir chevelu  est délibérément occultée, au profit de leur accompagnement.

Les bonnes pratiques sur internet et les réseaux sociaux

Rappelons que certaines chutes de cheveux sont pathologiques : c’est le cas de l’alopécie androgénétique (AAG). Celle-ci est liée à un déséquilibre hormonal et/ou à une sensibilité des follicules pileux à l’hormone androgène. Aucun shampoing, poudre ayurvédique, henné, soin naturel, complément alimentaires à base d’acides aminés/vitamines/minéraux, lotions et autres recettes de grand-mère ne peuvent venir à bout de ce type de problématique (tout simplement car ils n’agissent pas sur la cause du problème).

Le seul traitement, en application locale, à avoir fait ses preuves dans ce domaine reste le Minoxidil. Pour en savoir + sur ce traitement, je vous invite à consulter cet article.

De plus, il est parfois nécessaire d’agir également sur le terrain hormonal.

Je souffre moi-même d’AAG et je sais à quel point cette pathologie nous laisse dans un désarroi incroyable. A la recherche à tout prix d’une solution miraculeuse, on peut facilement se laisser influencer par des personnes peu scrupuleuses.

Les accompagnements proposés par des coachs, naturopathes ou autres sont très intéressants que ce soit en termes de self care, de soins, d’accompagnements psycho-émotionnel, de travail sur l’acceptation, travail sur le terrain.  Mais ces derniers ne doivent pas éclipser les thérapeutiques médicales.

Lorsque vous êtes sur un article, une vidéo ou un post, posez-vous au moins ces 3 questions :
– Qui a écrit le contenu du site ?
– Quelles sont ses compétences ?
– Quelles sont ses motivations ?
Retrouvez le document de la Haute Autorité de Santé sur ce thème en fin d’article.

Conclusion

Tous ces exemples montrent à quel point la désinformation est partout et est vraiment délétère.

Dans certains cas, certaines personnes poussent les consommatrices à acheter des produits totalement inefficaces sur les chutes de cheveux pathologiques.
Dans d’autres cas, elles discréditent les traitements médicaux, réellement efficaces, et font perdre un temps précieux aux femmes qui vivent une alopécie.
D’autres encore font de la « désinformation par omission » en prenant  soin d’éviter d’évoquer la prise en charge médicale, pour mettre en avant leurs services ou produits.

Il faut le rappeler, une fois l’alopécie installée depuis de nombreuses années et le capital capillaire épuisé, on ne peut plus faire machine arrière. Il est donc important, si on souhaite avoir recours à un traitement médical, de le commencer le + tôt possible pour avoir les meilleurs résultats.

Enfin, je voudrais insister sur le fait que les traitements médicaux ne sont pas forcément la seule option. On a tout à fait le droit de ne pas vouloir (ou pouvoir) les utiliser.
Dans ce sens, les coachings, les accompagnements et les solutions capillaires (perruque) sont une aide précieuse. Je ne remets absolument pas en cause ces alternatives. Ce que je dénonce, c’est le fait de mentir et de jouer sur la détresse des femmes pour servir ses intérêts personnels (en l’occurrence vente de produit ou de service).

Je tiens à préciser que la visibilité qu’apportent les réseaux sociaux devrait aller de pair avec un sens aigu de la responsabilité et un devoir de déontologie.

Pour finir sur une note positive, il existe également, sur les réseaux sociaux, de belles personnes qui font un travail incroyable et qui vendent par exemple des solutions de perruques et compléments capillaires, ou des accompagnements sans faire aucune désinformation. Ce sont des personnes qui conservent une éthique irréprochable et ont la main sur le cœur. Ils montrent que business et intégrité ne sont pas incompatibles !

Retrouvez le document de la Haute Autorité de Santé :

1 Comment

  • Catherine
    7 novembre 2021 at 21h02

    Bravo pour ton travail et ton implication Elise. Tu es une très belle personne, passionnée et travailleuse.

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